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US OPEN

HOMMES - FINALE

Lundi 8 août 2008
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LE RÉCITAL DU MAESTRO
Par Alexandre QUEYROY

Roger Federer s'est adjugé un cinquième titre consécutif à l'US Open en dominant Andy Murray en finale (6-2, 7-5, 6-2). Le Suisse, qui revient à une longueur du record de Pete Sampras avec ce 13e titre du Grand Chelem, a déployé du grand tennis durant toute la quinzaine, après une saison moins flamboyante que les précédentes jusque-là.
Roger Federer, en quête d'une grande victoire depuis un an, s'est laissé tomber de joie. (Reuters)
 
Roger Federer, en quête d'une grande victoire depuis un an, s'est laissé tomber de joie. (Reuters)

Mauvaise nouvelle pour les ambitieux de la jeune génération : Roger Federer, le patron incontesté du circuit durant plus de quatre ans, est de retour. Le Suisse s'est imposé, avec la manière, pour la cinquième fois de suite à New York, en disposant d'Andy Murray (6-2, 7-5, 6-2) en 1h51'. Déjà auteur d'un quintuplé à Wimbledon (2003 à 2007), il est le premier joueur à gagner cinq fois de suite deux tournois différents du Grand Chelem. Correcte jusque-là, avec une demi-finale à l'Open d'Australie, puis deux finales à Roland-Garros et Wimbledon, sa saison présente désormais un beau visage. Seul bémol : Rafael Nadal devrait terminer numéro un, grâce à des résultats exceptionnels. La mononucléose du début d'année et la "déprime" ayant suivi la perte de son titre à Wimbledon sont bien oubliés. Federer s'est relancé dans la course aux 14 titres du Grand Chelem de Pete Sampras, en revenant à une longueur, à 27 ans seulement. Son titre olympique à Pékin, obtenu en double avec Wawrinka, l'a comblé. Et entamer le tournoi sans le fardeau du statut de grand favori a semblé le libérer. Durant toute la quinzaine, le Suisse a montré ses émotions, vibré avec le public et retrouvé le plaisir de gagner en souffrant, comme en huitième de finale contre Andreev (en cinq sets). Et son niveau de jeu a retrouvé une constance mise à mal cette saison.

Comme en 2007 contre Djokovic, Federer était opposé en finale à un futur rival, qui jouait sa première finale en Grand Chelem. Et comme face au Serbe, le Suisse a fait parler son expérience. Murray menait 2-1 dans leurs confrontations, et avait gagné la dernière, en mars, à Dubaï. Il restait également sur une belle demi-finale gagnée contre Nadal, sur deux jours. Mais la barre était trop haute pour l'Ecossais, qui ne sera pas le premier Britannique, depuis Fred Perry en 1936, à inscrire son nom au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem.

Le panache de Federer

Dès le départ, Federer prend les commandes du match. Le numéro 2 mondial appuie ses frappes, notamment en coup droit, et balade son adversaire sur tout le court. Alors qu'il prenait la balle très tôt contre Nadal, Murray est sur la défensive et ne parvient pas à avancer dans le terrain. Les fautes se multiplient, les jeux défilent (6-2, 2-0 en 40'). L'Ecossais se décide enfin à subitement changer de tactique, en essayant de déborder Federer. Perturbé, le Suisse est contraint de prendre plus de risques et commet à son tour des erreurs. Au point de se retrouver à 2-2, 0-40. Mais il sauve ces trois balles de break avec panache. L'alerte est passée. Murray, auteur de 16 coups gagnants seulement (contre 36 pour son adversaire), se contente de nouveau d'attendre la faute de son adversaire. Cette stratégie lui avait souri à Dubaï, mais le Suisse, tout juste remis de sa mononucléose, n'était pas le même joueur... A 6-5, Federer met la pression sur Murray en prenant le filet dès le retour de service. Sa stratégie agressive (44 montées au filet) est récompensée par un jeu blanc.

A deux sets à zéro, Murray, qui grimace de temps en temps en se tenant le genou, accuse le coup et perd pied. Après un dernier sursaut d'orgueil (de 0-5 à 2-5), il laisse le Suisse s'imposer sur sa deuxième balle de match. Federer peut se rouler par terre. Il n'avait plus connu ce bonheur depuis 12 mois, une éternité pour lui. Sa joie est à la hauteur de l'attente : «C'est vraiment un moment très spécial de ma carrière. J'ai vécu des déceptions en Grand Chelem cette saison, alors ramener celui-là à la maison veut dire beaucoup pour moi. Je ne veux pas m'arrêter à ce chiffre 13, ce serait terrible.» De son côté, Murray affiche sa déception, tout en restant fair-play : «J'ai perdu contre le meilleur joueur de tennis de l'histoire, je le félicite. Je crois que j'ai encore beaucoup de choses à améliorer si je veux gagner un jour un Grand Chelem.» La jeune garde devra encore patienter avant de prendre totalement le pouvoir.

Les statistiques

MURRAY
Aces : 3 (1 + 1 + 1)
Doubles fautes : 3 (1 + 0 + 2)
1ers services : 54% (63 + 59 + 40)
Coups gagnants : 16 (4 + 7 + 5)
Fautes directes : 28 (10 + 10 +8)
Balles de break : 2/5 (0/0 + 1/4 + 1/1)
Montées au filet : 7/11 (0/1 + 4/6 + 3/4)

FEDERER
Aces : 3 (1 + 1 +1)
Doubles fautes : 0 (0 + 0 + 0)
1ers services : 59% (76 + 57 + 48)
Coups gagnants : 36 (9 + 16 + 11)
Fautes directes : 33 (7 + 17 + 9)
Balles de break : 7/10 (2/4 + 2/2 + 3/4)
Montées au filet : 31/44 (6/9 + 14/20 + 11/15)

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