
Valentino Rossi (Yamaha) n'a même pas eu besoin de lutter pour remporter la 93e victoire de sa carrière. Parti 2e, il conservait sa position à l'issue du premier tour derrière Casey Stoner (Ducati), auteur de la pole. Les premières boucles laissaient présager un Grand Prix ennuyeux à souhait : Stoner stabilisait son avance sur Rossi à 1''5, et l'Italien ne cessait de creuser l'écart sur un peloton composé de John Hopkins (Kawasaki), Chris Vermeulen (Suzuki) et Loris Capirossi (plus de 5 secondes dans le tour 3). Puis il y eut le tour 8. Et la chute de Casey Stoner. Seul, dans un long virage, il se manquait, et sa moto filait dans les graviers. L'Australien tentait bien de repartir. En vain. Rossi n'avait plus qu'à finir la course à son rythme.
«À chaque virage, je pensais que cette situation était difficile, mais si Stoner n'avait pas chuté, cela aurait été encore plus difficile» a reconnu le quintuple champion du monde de la catégorie reine. Au final, "The Doctor" achève ce GP de République tchèque avec 20" d'avance sur Toni Elias (Ducati), auteur d'une remontée incroyable de la 13e place à la 2e en dix tours. «La journée d'hier (samedi 13e temps des qualifs, ndlr) a été très difficile, a expliqué l'Espagnol, qui a décroché le quatrième podium de sa carrière. Je suis donc parti de derrière... J'ai doublé de nombreux pilotes durant la course et je me suis finalement installé à la deuxième place avec un bon rythme.» Randy de Puniet (Honda) a chuté et finit en dernière position. Sylvain Guintoli (Ducati), après avoir occupé la 9e place, prend la 12e.
50 points d'avance sur Stoner
Avec 50 points d'avance au Championnat sur Stoner, Rossi file tout droit vers un 8e titre de champion du monde, toutes catégories confondues. «C'est un gros avantage, reconnaît Rossi. Mais il reste six courses et avec un pilote comme Stoner rapide sur tous les circuits et dans toutes les conditions, ce n'est pas assez. Mais c'est sûr que c'est mieux que 25.» Ses poursuivants étaient déjà bien mal embringués, les voilà donc à des années-lumières de la première place. Dani Pedrosa (Honda), 3e au général, finit à plus de 1'37" de l'Italien (15e et avant-dernier).
Étonnant en première partie de saison, Jorge Lorenzo (Yamaha) n'a toujours pas réussi à se remettre de ses multiples blessures : l'Espagnol se classe à la 10e place. Brno a donc distingué les outsiders, et particulièrement Elias qui a tout chamboulé sur son passage, notamment dans le 9e tour, en passant dans le même mouvement Loris Capirossi (Suzuki) et Vermeulen. Elias s'est ensuite échappé laissant derrière lui Capirossi, 3e au final. Le Grand Prix de République Tchèque a confirmé la tendance : en motoGP, il y a Rossi et les autres. Et les autres, une dizaine de pilotes, devront se battre pour les places d'honneur.

