Juste avant de s'envoler hier après-midi pour Göteborg, où l'équipe de France disputera ce soir contre la Suède (21h00) son premier match post-Euro, Raymond Domenech a martelé son nouveau message devant les médias. Ses mots ont été bien choisis et invariables : « Générosité, humilité, engagement ». Le sélectionneur a insisté comme jamais sur la générosité, son nouveau thème de campagne. Pour tous les observateurs, l'équipe de France en a singulièrement manqué à l'Euro, d'où son incroyable fiasco. Ce n'est pas exactement la version de Domenech. « A l'Euro, elle (la générosité) existait, a-t-il précisé. Seulement, on ne l'a pas montrée. Elle ne s'est pas matérialisée. Pour gagner, il faut être généreux. On ne doit plus être passif et subir.»
La générosité est un véritable leitmotiv, qui revient sans cesse et sous différentes formes. Explication de texte : « Pour moi, la générosité, c'est se dépasser en permanence. Le public doit avoir envie de vibrer. Nous devons redonner aux gens l'envie de croire à cette équipe.» A l'Euro, les Bleus ont été apathiques et tristes. Raymond Domenech a compris que le public et les instances fédérales ne voulaient plus revoir ça. Donc il récite sa leçon, sans se lasser. « Le plus important, c'est de montrer de la générosité. C'est le mot que je mettrais dans cette équipe, répète-t-il. C'est l'idée de base. Cela va se passer par ce qu'ils vont nous montrer sur le terrain. Il ne faut pas calculer, pas se cacher. Il faut qu'il se passe quelque chose et faire les efforts, c'est obligatoire. On ne l'a pas montrée à l'Euro et on a désormais tous envie qu'elle se voit, cette générosité.»
Domenech : « Je passe pour un entraîneur défensif ?»
L'équipe de France va-t-elle pour autant déployer un jeu séduisant, comme celui qui a permis à l'Espagne de triompher lors du championnat d'Europe ? Domenech ne veut pas s'avancer. « On ne va pas faire de l'imitation d'un pays, même si c'est plaisant à voir. Après, chacun sa stratégie. » Pour finir, le sélectionneur a été titillé sur sa réputation d'entraîneur défensif. Il a semblé plutôt surpris, presque choqué. « Je passe pour un entraîneur défensif ? Ah bon ? Quand ? (Il marque une pose) Disons que c'est plus facile de travailler la base défensive. Les entraîneurs sont dépendants des joueurs qu'ils ont. Quand il y a Maradona dans l'équipe, c'est plus facile d'animer offensivement. Tout le monde a envie de marquer des buts. » En Suède, les Bleus joueront l'attaque, avec c'est promis une grosse dose de générosité. Qui se voit cette fois. - D. Mi., à Clairefontaine

